samedi 28 août 2010

1 SClerose en plaque: Le traitement Zamboni est pris de plus en plus au sérieux

Sclérose en plaques - Le traitement Zamboni est pris de plus en plus au sérieux
Carole Maltais au moment où elle a subi son angioplastie par le docteur Lachezar Grozdinski, médecin spécialiste en angiologie, dans un hôpital de Sofia, en Bulgarie. 
© Agence QMI

MONTRÉAL - Un traitement controversé pour soigner la sclérose en plaques incite de nombreux Canadiens souffrant de la maladie à se rendre outremer pour en bénéficier. Pendant que l’Association des neurologues du Québec (ANQ) appelle à la prudence, des patients reviennent au pays très satisfaits des résultats.
«J’ai beaucoup plus d’énergie et je n’ai plus froid!», s’enthousiasme la Matanaise Carole Maltais, de retour de Sofia en Bulgarie, où elle vient de subir le traitement élaboré par le docteur Paolo Zamboni.
Plus précisément, Mme Maltais a subi une angioplastie qui lui a débouché certaines veines au niveau du cou.
«J’ai recommencé mon travail à l’usine de Fruits de mer et j’ai été surprise de voir toute cette énergie qui m’est revenue, observe la jeune mère de famille. Avant, je me sentais toujours glacée. Tout de suite après l’opération, j’ai retrouvé l’usage de trois doigts qui étaient comme paralysés.»
Toutefois, Carole Maltais admet que tous ses symptômes ne sont pas disparus. «J’ai un problème urinaire qui ne s’est pas du tout corrigé et je ressens à peine un léger changement de la sensibilité de ma main droite. Mais, je ne perds pas espoir. D’autres améliorations peuvent survenir.»
Théorie Zamboni
Selon le chirurgien vasculaire italien, la sclérose en plaques pourrait être causée par une perturbation de la circulation sanguine. Sa théorie soulève comme possibilité que la cause de la sclérose en plaques soit imputable à des occlusions touchant des veines servant à drainer le sang provenant du cerveau et de la moelle épinière, deux régions touchées par la sclérose en plaques.
Selon les tests effectués à l’hôpital de Sofia, la veine jugulaire droite de Carole Maltais était bloquée à 90% et sa veine jugulaire gauche, à 80%. «Je suis tout heureuse de ces résultats, mais je suis également réaliste. Il est possible que mes veines rebouchent.»
L’ANQ est sceptique
L’Association des neurologues du Québec (ANQ) estime que le traitement de Dr Zamboni ne s’appuie pour l’instant que sur des résultats préliminaires et que les médias ont créé des espoirs non fondés en diffusant des témoignages qui n’étaient pas accompagnés de données scientifiques solides.
«Considérant que le Dr Zamboni reconnaît que son étude n’est que pilote et qu’elle nécessite une confirmation par d’autres études randomisées, que son étude est basée sur une cause hypothétique de la maladie non encore confirmée et que les traitements actuellement proposés à l’étranger ne se font pas dans le cadre d’un protocole de recherche, l’ANQ ne recommande pas aux patients du Québec de se rendre à l’étranger pour recevoir un traitement par angioplastie veineuse», a déclaré le Dr Jean-Marc Girard, président de l’association.
Pour l’instant, les experts canadiens ne peuvent exclurent que les résultats positifs soit dus au hasard associé à l’évolution naturelle de la sclérose en plaques. Dans un communiqué envoyé le 6 août, les services de santé albertains attribuaient les améliorations de santé des patients ayant subi l’opération à un effet placebo.
Comme à l’Oratoire Saint-Joseph
Les frais de 8000 $ à 20 000 $ exigés pour se faire opérer n’empêchent pas des centaines de Canadiens de se rendre en Inde, Pologne et Bulgarie pour subir le traitement controversé. Carole Maltais a rencontré beaucoup de personnes qui, comme elle, ont décidé de tenter leur chance avec la méthode du docteur Zamboni. «Parfois, je me serais crue à l’Oratoire Saint-Joseph! On s’est créé des liens très forts en peu de temps, raconte-t-elle. Nous étions tous dans la même situation. Lorsqu’on voyait quelqu’un arriver avec le sourire parce que le traitement avait fonctionné, on pleurait!»
Des études en branle
Bien que ce traitement ne soit pas encore un acte médical autorisé au Québec le traitement est tout de même pris au sérieux de ce côté de l’Atlantique et fait l’objet d’étude à travers le pays.
«Moi je suis très ouvert à ce que le Québec puisse collaborer à des études cliniques», a affirmé le ministre de la Santé Yves Bolduc, pendant la période de questions lors d’une conférence de presse sur les investissements à Sainte-Justine cette semaine.
Son homologue albertain, Gene Zwozdesky, vient de mettre sur pied un comité de 13 experts se pencheront sur la question la semaine prochaine.
De plus, une étude contrôle est en cours depuis plusieurs mois à l’Institut Neurologique Jacobs à Buffalo. La Société canadienne de sclérose en plaques et la National MS Society des États-Unis vont subventionner d’ici juin 2010 des groupes de recherche sur ce sujet.
La maladie
Les causes de la sclérose en plaques sont encore méconnues. Cette maladie, qui sévit dans l’hémisphère nord, frappe des personnes de plus en plus jeunes. «Selon des pistes de recherche, ce serait relié au manque de soleil et donc, de vitamine D, explique Louis-Étienne Beaupré, coordonnateur aux communications à la Société canadienne de la sclérose en plaques (SCSP), division du Québec. Au Canada, les cas de sclérose en plaques répertoriés sont plus nombreux dans les provinces maritimes (350 cas sur 100 000 personnes) et dans les prairies (340 cas par 100 000). Au Québec, on retrouve 180 cas par 100 000 personnes.»

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